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Choisir Assas pour l’apprentissage, une option gagnante

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Raphaël est en quatrième année de kinésithérapie à l’École d’Assas. Après avoir financé ses deux premières années d’études en travaillant en soirée et par un prêt étudiant, il a signé un contrat d’apprentissage avec l’hôpital Henri Mondor à son entrée en K3. Cette opportunité lui permet d’acquérir au jour le jour une expérience pratique qui lui offre une vision toujours plus claire de son projet professionnel.

« En fait, explique-t-il, c’est parce que l’École d’Assas proposait la possibilité de contrats d’apprentissage que je l’ai choisie après le concours. Dès ma deuxième année j’ai postulé pour un contrat mais sans succès. Quand l’offre de contrat à Henri Mondor nous a été communiquée en fin de K2, j’en ai tout de suite profité. Au-delà de l’aspect financier qui me permet de couvrir le paiement de mes frais de scolarité, je ne me sentais pas prêt à m’installer comme professionnel libéral dès ma fin d’études. En alliant cours à l’IFMK et travail à l’hôpital, je gagne du temps sur mon entrée dans la vie professionnelle : mon approche des études comme du métier est plus rigoureuse et motivée. »

Concrètement, Raphaël est en cours toute l’année mais passe tous ses stages et toutes ses vacances, sauf un mois d’été, sur son lieu d’apprentissage.

apprentissage choisir assas« Henri Mondor est un grand hôpital, qui fait beaucoup de place aux apprentis. Depuis que j’y suis, j’ai travaillé en orthopédie, en neurologie, en dermatologie et en réanimation : médicale, chirurgicale, cardiaque et, en ce moment, digestive. Dans chaque service, l’apprenti est appuyé par un tuteur dédié qui est son référent. Je dois dire que l’accueil des différentes équipes est toujours très inclusif et que nous sommes très vite responsabilisés au quotidien, et traités comme des employés à part entière de l’AP-HP à laquelle appartient Henri Mondor. Côté Assas, c’est Nicole Maurice qui est notre interlocutrice – nous sommes une dizaine d’étudiants kiné de l’École en apprentissage à Henri Mondor – et nous nous sentons toujours soutenus. Comme apprenti, je dois deux années de travail à mon employeur (une par année d’apprentissage). Et je dois dire que ce travail en équipe me plaît et me fait aujourd’hui envisager de continuer à travailler en milieu hospitalier par la suite. Y compris parce que certains de mes futurs collègues seront les étudiants qui sont aujourd’hui en apprentissage avec moi : nous partagerons le même vécu, les mêmes connaissances, la même formation, c’est une base solide pour bien travailler. »

Tout en caressant un objectif précis, celui de s’installer à Marseille, Raphaël envisage à terme d’associer travail hospitalier à travail en libéral. Non sans avoir, auparavant, si l’occasion se présente, pris son envol pour aller découvrir l’exercice de la kinésithérapie dans un pays étranger. Un projet professionnel que la sécurité et la rigueur de l’apprentissage lui permettent d’envisager avec sérénité.

L’apprentissage, c’est son moteur !

apprentissage Olivier Samson Assas

Depuis qu’il s’est diplômé, à Assas, en 1994, Olivier Samson s’est spécialisé dans l’apprentissage. Dans les deux sens du terme : aussi bien l’encadrement et le suivi des étudiants en filière d’apprentissage (nous y reviendrons) que les processus et méthodes pédagogiques permettant l’acquisition des compétences requises au cours d’un stage professionnel. Il nous fait partager ses réflexions à ce sujet.

« Après mon diplôme, je me suis installé en libéral tout en travaillant à l’hôpital en réanimation néonatale. J’ai ensuite rejoint un service de pédiatrie spécialisé dans l’assistance respiratoire et nutritionnelle des enfants. Là, j’ai eu l’occasion d’accueillir beaucoup de stagiaires, ce qui m’a incité, comme cela se passait bien, à en prendre aussi au cabinet. C’est un peu comme si j’étais tombé dans la marmite de potion magique ! »

Olivier Samson

Aujourd’hui, tout en conservant une activité salariée auprès d’enfants atteints de maladies neurologiques congénitales, Olivier Samson est enseignant et coordinateur pédagogique à l’AVH et en charge des UE4 (anatomie du rachis) et UE2 (sciences de l’éducation) à Assas où il intervient toujours aussi en pédiatrie et en troubles de la déglutition.

De fil en aiguille, Olivier Samson se retrouve à accompagner des étudiants dans la rédaction et la soutenance de leurs mémoires. En 2005, il est invité à enseigner, à peu près simultanément, aux IFMK de l’Association Valentin Haüy (AVH) et de l’École d’Assas. Ses sujets d’enseignement sont la pédiatrie et la déglutition. À cette occasion, il reprend ses études et obtient une licence en sciences de l’éducation. Le thème de sa licence, décernée par l’université de Lille 3, est « l’éducation du patient ». Sur la lancée il passe un master qu’il obtient avec mention TB en travaillant, sous la direction de Richard Wittorski (*), sur « la professionnalité des enseignants spécialisés auprès du public des déficients visuels ».

Un défi : identifier les situations formatrices

Si le fait d’avoir des étudiants en immersion fait partie du modèle classique de la formation des masseurs-kinésithérapeutes, « ce que l’on ne sait pas encore, explique Olivier Samson, c’est identifier les situations réellement formatrices ». Par exemple, comment fait-on pour savoir les situations rencontrées au cours d’un stage sont, ou non, formatrices ? « Même si les compétences à acquérir sont définies en amont du stage, il n’y a aucune garantie qu’elles soient acquises en fin de stage. L’objet de ma réflexion est donc : que faut-il mettre en œuvre pour arriver au résultat attendu ? »

Prenons l’exemple de l’acquisition du raisonnement clinique, enjeu au cœur de l’enseignement dispensé à l’École d’Assas : « Pour être sûr que le futur kiné soit en mesure de résoudre efficacement au problème d’un patient donné, développe-t-il, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut qu’il ait rencontré un minimum de situations cliniques et réalisé un certain nombre d’activités thérapeutiques liées à ces situations. Mais lesquelles et combien ? Là, personne n’a la réponse. Le monde du management nous offre un modèle qui pourrait fonctionner : celui de la formation sur des terrains parallèles avec des contrats d’objectifs et des engagements aussi bien de la part du stagiaire que des formateurs. » Ce modèle, rarement envisagé de façon pédagogique, intéresse beaucoup Olivier Samson et pourrait être un sujet de thèse s’il décidait de poursuivre ses études par un doctorat.

Bien entendu, la mise en place du portfolio dans le cadre de la réforme des études devrait améliorer le suivi et l’évaluation des stages en permettant un examen plus scrupuleux du contenu du stage et de ce que l’étudiant en a retenu. « Toutefois, l’IFMK n’a pas forcément de prise sur la façon dont le terrain de stage va permettre ou non la mise en place des situations d’apprentissage qui déboucheront sur l’acquisition réelle de telle ou telle compétence. Les travaux de plusieurs pédagogues montrent qu’une situation est réellement formatrice lorsqu’elle porte une part d’indétermination, de problématisation, et ouvre sur plusieurs réponses possibles, amenant l’étudiant à se former en se confrontant à des choix à assumer et des décisions à prendre. Si une situation est déterminée, alors la solution est écrite et il n’y a rien à apprendre. Si, en revanche, la situation est indéterminée, alors le futur professionnel doit l’analyser et chercher la solution appropriée. Dans l’idéal, ce qu’il faudrait, c’est construire un parcours de professionnalisation type, que l’on adapterait en fonction des profils. »

Si cette notion de problématique est centrale pour la formation, elle ne peut se dissocier de celle de la relation thérapeute-patient, qui commence par l’écoute du patient. « À partir de là, le soignant peut ajuster l’intervention, les soins, la rééducation, aux particularités du patient et l’aider à construire son projet de vie en tenant compte de sa situation singulière. C’est ce qui fait le raisonnement clinique auquel l’École d’Assas est depuis longtemps attentive », conclut-il.

(*) Auteur de Professionnalisation et développement professionnel (L’Harmattan, 2007).

Un clip pour l’Ecole d’Assas

clip Assas

Clip Assas. Clap, tournez ! Afin de mieux faire connaître l’Ecole d’Assas et les parcours de formation que nous proposons (kinésthérapie, podologie et, désormais, ergothérapie), un film a été réalisé en coopération avec les étudiants et les enseignants des Instituts de Formation en Kinésithérapie (IFMK) et Podologie (IFPP).

Ce clip, en tout juste 100 secondes, met en valeur toutes les ressources pédagogiques dont l’école dispose. Il vient compléter les films réalisés en 2016 pour la promotion spécifique de l’IFMK et de l’IFPP et que vous pouvez retrouver ici.

Tourné au 56 rue de l’Église à Paris (15ème arrondissement) et à Saint-Quentin-en-Yvelines (78), ce clip sera projeté au sein des universités partenaires de l’Ecole d’Assas afin de la présenter au mieux à nos futurs étudiants.

Merci à tous ceux qui ont contribué à sa réalisation !

N’hésitez pas à partager le lien de la vidéo :)

L’apprentissage en kinésithérapie à l’École d’Assas

Apprentissage kiné

L’apprentissage en kinésithérapie : une philosophie de l’éducation

L’Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie (IFMK) de l’École d’Assas est fier de proposer à ses étudiants de poursuivre leur scolarité en apprentissage dès la deuxième année. En 2017-2018, l’IFMK Assas compte 46 apprentis dont 42 nouveaux contrats.

Nicole Maurice, responsable du CFA et Olivier Samson, enseignant à l’Ecole d’Assas et titulaire d’un Master recherche en sciences de l’éducation, reviennent sur les enjeux pédagogiques de l’apprentissage.

Le dispositif de formation par l’apprentissage mis en place en 2009, a permis à plus de 170 étudiants de bénéficier d’un financement complet de la scolarité. Mais l’apprentissage c’est bien plus que cela, c’est une conception philosophique de l’éducation.

En effet, l’alternance est un dispositif qui donne la possibilité à l’étudiant d’être en contact direct avec l’expérience professionnelle. Cette expérience est formatrice à plusieurs égards.

L’apprentissage repose sur un partenariat entre le monde de l’hôpital et le monde de l’école et nécessite d’intégrer la réalité d’un double tutorat autour de l’alternant où le tuteur et le formateur se partagent le pouvoir de former l’apprenti :

  • À l’hôpital, l’étudiant est suivi par un Maître d’Apprentissage ou « MA ». Le MA est le mentor qui contribue à l’intégration de l’apprenti dans l’établissement, le guide et le conseille dans sa formation. À l’image des compagnons dans les métiers de l’artisanat, il a pour mission de lui transmettre son art kinésithérapique. Ce MA peut nommer un tuteur opérationnel qui suivra l’apprenti au cours de son parcours la plupart du temps le MA et le tuteur sont des fonctions assurées par une seule et même personne.
  • À l’école, l’étudiant est suivi par un référent, le responsable d’année ou le référent stage.

Ainsi, le tuteur, privilégie un rapport au savoir de l’ordre du « réussir » qui sanctionne la pratique et le formateur du « comprendre » qui relève de la conceptualisation. L’alternance favorise donc le fonctionnement en boucle réussir/comprendre (R/C et C/R) pour reprendre Jean Piaget.

L’apprentissage expérientiel ou par l’expérience qui est un des courants en Sciences de l’éducation, en plaçant l’alternant en situation de travail, privilégie la stratégie R/C : l’apprenti développe le sens de son activité, de son action dans une expérience professionnelle réfléchie et il y gagne en lucidité, en prise de conscience. Même si elle la privilégie, la formation alternée ne se réduit pas à cette stratégie, elle développe la combinaison des deux stratégies qui fonctionnent en boucle : réussir vers comprendre et comprendre vers réussir.  Le sujet est donc invité à réfléchir son vécu pour passer du plan de l’action au plan de la représentation pour l’action.

Cette réflexion autour de la pratique invite l’apprenti à dépasser la classique relation hiérarchique théorie/pratique, tel que John Dewey l’explique dans ses écrits. Dewey est reconnu comme un des promoteurs de l’école active, rendue célèbre par sa formule « learning by doing », c’est par l’expérience que le sujet apprend. Dewey reconnaît donc les caractéristiques pratiques de la théorie et en même temps les aspects théoriques de toute pratique sociale, pratique et théorie sont pour Dewey enchevêtrées.

Tous ces aspects de l’apprentissage sont particulièrement appréciés des étudiants. Ils sont d’abord attachés à cette relation de confiance avec le MA ou le tuteur et au sentiment d’appartenance à une équipe de soins. Ensuite, ils sont attachés à cette transmission du savoir des « ainés vers les plus jeunes ».

Trouver un employeur

La recherche d’un employeur jusqu’à la signature du contrat, est un processus long qui exige de l’étudiant un travail de recherche similaire à la recherche d’emploi. C’est un travail de plusieurs mois qui demande des efforts. Mais tous les étudiants ne trouvent pas un contrat bien que certaines offres ne soient pas à ce jour pourvues. Plusieurs critères doivent être remplis, tels que la proximité de l’employeur par rapport au domicile de l’étudiant et la compatibilité du projet professionnel avec le projet de vie.

Pour aller plus loin sur l’apprentissage par l’expérience :
John Dewey. Démocratie et éducation. Suivi de Expérience et éducation, Paris, Armand Colin, 2011, 516 p.

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