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Espagne : profession médecin du pied

médecin du pied

Début octobre, le docteur Javier Torralba (*), podologue espagnol enseignant à l’université catholique de Valence, a donné une leçon magistrale aux étudiants de l’IFPP de l’École d’Assas sur la chirurgie du pied. Nous avons profité de sa venue pour lui demander de nous présenter en quelques mots son parcours et la podologie espagnole qui fait du podologue un véritable « médecin du pied ».

Bonjour docteur Torralba, tout d’abord, un mot sur vous : depuis combien de temps êtes-vous diplômé ?
– Je suis diplômé depuis 2003, de la faculté de médecine d’Alicante. J’ai immédiatement commencé à pratiquer la podologie dans une clinique privée avant de suivre, quatre ans plus tard, un master en biomécanique à Barcelone.

Depuis combien de temps enseignez-vous ?
– J’ai commencé à enseigner en 2007 quand j’ai quitté Alicante pour Valence où j’ai commencé à travailler comme vice-doyen de l’école de médecine de l’UCV. C’était un poste de grande responsabilité qui m’a beaucoup apporté et qui m’a beaucoup plu.

Pratiquez-vous en plus d’enseigner ?
– Oui, bien sûr. Je pense que c’est une condition très importante pour moi de pouvoir transmettre aux étudiants la pratique avec des cas réels. Leur apprendre à traiter un patient comme une personne et non comme une simple pathologie.

À quoi ressemble la formation des podologues en Espagne ?
– La podologie en Espagne est très avancée, je la considère comme l’une des meilleures au monde. Notre formation est uniquement universitaire, la plupart du temps au sein d’une faculté de médecine. Elle est intense et dure 4 ans, voire 5 aujourd’hui, car presque tout le monde enchaîne sur une année de master de spécialisation, principalement en chirurgie ou en biomécanique. Ensuite, nous exerçons généralement dans le domaine privé.
L’un des points forts de notre profession, et auquel notre diplôme nous donne accès, est de pouvoir recevoir, diagnostiquer et soigner les patients de manière autonome. Nous pouvons aussi bien prescrire un médicament, fabriquer une semelle ou pratiquer une intervention chirurgicale sur le pied du patient, dès lors que nous pensons que cela est approprié sur la base de notre analyse clinique.

(*) En Espagne, la formation de pédicurie-podologie étant universitaire, il est possible d’y devenir docteur en podologie.

médecin du pied

Le docteur Torralba lors de sa leçon magistrale pour les étudiants de l’IFPP d’Assas. En Espagne, le podologue fait office de médecin du pied, pouvant prescrire des traitements médicamenteux et accomplir des actes chirurgicaux.

Un stage kiné au rythme andalou

rythme andalou granada

Rodolphe, étudiant en K3, vient d’effectuer son stage de cinquième semestre en mobilité Erasmus en Andalousie. 6 semaines d’immersion culturelle et professionnelle qu’il nous raconte avec esprit.

Désireux d’élargir mes connaissances et d’emmagasiner de l’expérience, j’ai souhaité profiter du programme Erasmus que propose l’École d’Assas à ses étudiants. Impressionné par les compétences des professeurs provenant de Grenade lors de la Semaine internationale, j’ai choisi de me rendre dans ce berceau de la culture andalouse pour y effectuer mon stage de 5ème semestre.

Début septembre, je débarque donc à Grenade et, après avoir retiré les clés de mon logement dans le centre touristique et culturel de la ville, je commence à prendre mes marques en attendant la rentrée des étudiants de fisioterapia, fixée au 10 septembre. Une fois tous les contacts nécessaires établis avec l’université de Grenade, je découvre mon lieu de stage : l’hôpital de neurotraumatologie « Virgen de las Nieves », situé dans le nord de la ville.

De longues journées bien cadencées

rythme andalou grenadeJe commence mon stage en même temps que les étudiants de 4ème année de l’université de Grenade. Par chance, la tutrice qui m’est assigné a travaillé 3 années en France, ce qui facilite la communication car mes souvenirs d’espagnol remontent à mon bac, 9 années auparavant…

En dépit de mes difficultés à interpréter l’accent local, mon adaptation au rythme de travail des Andalous se fait sans difficulté. Il faut dire que la journée type d’un travailleur hospitalier espagnol aide !
La journée commence aux alentours de 8h. Après 2 heures de travail, tout le monde quitte la salle de rééducation direction la cafétéria pour y prendre le petit-déjeuner. Au menu, le traditionnel « cafe con leche y pan con tomate » (café au lait et pain à la tomate). L’équipe retourne sur le plateau technique aux alentours de 11h et part déjeuner vers 14h. Après 3h de pause, tout le monde revient et le travail reprend jusqu’à 20h. On ne travaille donc jamais plus de trois heures de suite, ce qui permet de rester toujours concentré et efficace.

Après une première semaine en neurologie, je rejoins le service de traumatologie où je passe les cinq semaines restantes. Le plateau technique est plutôt bien équipé, avec des tapis de course et des instruments pour la magnétothérapie ou le laser, notamment.

En marge du stage proprement dit, j’ai découvert une région ensoleillée et pleine d’histoire, une culture vivante et heureuse mais surtout des personnes ouvertes et attachantes. Il est des moments dans la vie où l’on cherche à découvrir le monde qui nous entoure, à enrichir nos connaissances qu’elles soient professionnelles, culturelles ou universelles, mais c’est aussi souvent dans ces occasions que l’on se découvre soi- même. Pour moi, ces six semaines à Grenade furent définitivement une de celles-là.

Rodolphe, K3

rythme andalou grenade
Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne (Programme Erasmus+). Cette communication n’engage que son auteur et la Commission européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.

2 K4 en stage de réhabilitation à Majorque

Majorque Assas

Camille et Joaquim ont consacré le dernier stage de leur cursus de kinésithérapie à étudier la pratique de la réhabilitation dans un centre hospitalier de Majorque, aux Baléares. Une opportunité permise par le partenariat entre l’École d’Assas et l’UIB (Universitat de les Illes Balears). Voici leur récit.

Arrivés à Palma de Majorque, nous avons tout d’abord signé notre convention à l’UIB et pris connaissance de notre programme de stage avec la responsable Erasmus. Ensuite nous avons été reçus dans le centre hospitalier universitaire au sein duquel devait se dérouler notre stage – un complexe très récent, inauguré en 2010-2011, et parmi les plus grands d’Espagne – par la responsable du service réhabilitation.

Majorque AssasAu fil du stage, nous avons eu 4 tuteurs différents ce qui a contribué à nous donner une très large vision du travail en service de réhabilitation et permis d’être au contact de nombreux patients même si nous n’avons guère pu suivre leur évolution. Nos tuteurs nous ont facilement fait confiance, se montrant ouverts à nos idées et nous laissant parfois une réelle autonomie auprès des patients.

Notre horaire de travail était continu, de 13h30 à 20h30, avec 30 minutes de pause à 17h30. Le rythme de travail est intense : sur le plateau de rééducation principal, 8 kinésithérapeutes travaillent simultanément, les patients se succédant toutes les 20 minutes. Comme ces patients ne sont pas résidents, l’activité s’apparente donc soit à du libéral soit à de l’hospitalisation de jour. En parallèle, des kinés sont affectés dans les différents services de l’hôpital, hors du plateau de rééducation, pour les patients résidents. L’activité est tellement vaste qu’en s’y prenant à l’avance il est possible de demander à expérimenter un service en particulier. Pour notre part, nous avons surtout travaillé en traumatologie, orthopédie, neurologie et pédiatrie et appris de nouvelles techniques comme le crochetage et la paraffine.

La grosse différence pratique que nous avons constatée est que les kinés ne réalisent pas leurs propres diagnostics (DMK) : c’est le médecin du service qui pose le diagnostic, et le kinésithérapeute met en place sa rééducation après une courte évaluation.

MajorqueAu final, c’est un terrain de stage que nous recommandons vivement même s’il est bien entendu préférable d’avoir de bonnes notions d’espagnol pour en profiter au mieux. Le personnel de l’hôpital comme les Majorquins en général sont très bienveillants et nous avons fait de superbes rencontres. En plus, l’île est magnifique et offre de nombreuses possibilités d’activités culturelles comme sportives. Enfin, nous avons profité de la meilleure saison (mai-juin), avant l’arrivée massive des touristes, les chaleurs caniculaires… et la hausse des prix !

Camille et Joaquim, K4

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne (Programme Erasmus+). Cette communication n’engage que son auteur et la Commission européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.

Semaine Internationale 2019 : J-6

semaine internationale 2019

Plus que quelques jours avant la troisième édition de la semaine internationale de l’École d’Assas ! Pendant 5 jours, du 21 au 25 janvier, vingt personnalités du monde de la santé et de celui des sciences sociales – venues d’Europe mais aussi d’Australie et des États-Unis pour notre Semaine Internationale 2019 – viendront faire cours à nos étudiants en podologie, kinésithérapie et ergothérapie.

Cette initiative a été conçue pour sensibiliser les étudiants à l’interdisciplinarité. Le professionnel de santé est avant tout un humaniste qui place la personne humaine et son épanouissement au-dessus de toutes les autres valeurs. Qui dit humanisme dit diversité d’où la nécessité de regarder au-delà des frontières, qu’elles soient géographiques ou professionnelles

Pendant une semaine, les étudiants vont donc suivre des TP ou des cours magistraux en anglais ou français et traverseront l’une après l’autre les frontières entre les professions de santé et les disciplines issues des sciences sociales et humaines : infirmiers, ergothérapeutes, podologues, physiothérapeutes et ethnologues se succéderont sur l’estrade pour apporter aux étudiants l’originalité et la variété de leur vision et de leur approche du patient.

Regards croisés de l’ethnologie aux sciences infirmières

En effet, deux ethnologues de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Marseille et de l’Institut d’ethnologie de Strasbourg exposeront aux étudiants de premier et de deuxième cycle la démarche en ethnologie et ses apports au regard de l’autre.

L’Espagne est à l’honneur avec 9 représentants kinésithérapeutes ou ergothérapeutes des plus grandes universités espagnoles de Madrid, Barcelone, Grenade ou Valence. Sans oublier le centre de rééducation FEPAMIC de Cordoue, un des terrains de stage Erasmus+ les plus prisés par les étudiants en kiné. Uro-gynéco, kiné respiratoire, articulation temporomandibulaire, neuro-dynamique et simulation comme outil au service de la formation seront quelques uns des thèmes explorés par nos confrères espagnols.

Joshua Cleland semaine internationale 2019Les étudiants auront cours avec Joshua Cleland qui revient pour la troisième fois, enseigner aux étudiants d’Assas sur son domaine d’expertise : le rachis, le raisonnement clinique niveaux I et II ainsi que l’introduction à la pratique basée sur les preuves.

Dan Fleury, ancien élève de Cleland et kinésithérapeute libéral sur la côte ouest des États-Unis, complètera ses enseignements sur la prise en charge de la cheville, l’épaule, le pied, et l’épaule au moyen de TP très participatifs.

Samuel Pouplin, ergothérapeute à l’Hôpital Raymond Poincaré de Garches, évoquera l’immense opportunité que représentent les progrès de l’appareillage dans la rééducation de la personne handicapée.

Catherine Berte, infirmière de l’Institut de Puériculture Brune, transmettra son expérience sur la prise en charge pluridisciplinaire en néonatalogie.

Last but not least, Caroline Robinson, Docteur en podologie de l’Université Charles Sturt d’Australie, traitera des questions en lien avec la chirurgie du pied, l’addictologie dans la prise en charge podologique du membre inférieur.

Cette année, l’École d’Assas a renforcé ses liens avec les industriels, grandes entreprises ou start-up, qui développement des applications dans le domaine de l’échographie et la réalité virtuelle. Enfin, l’un de nos partenaires, le Centre de Rééducation Pasori de Cosne-sur-Loire, montrera aux étudiants comment utiliser un exosquelette en rééducation fonctionnelle.

Cette semaine s’annonce passionnante et nous souhaitons à tous nos étudiants d’en profiter pleinement. Nous sommes convaincus que la qualité de la prise en charge thérapeutique est indissociable de la richesse du regard qu’ils porteront sur les patients dont ils auront, demain, la responsabilité.


Désormais traditionnel point d’orgue de cette Semaine Internationale, la conférence scientifique de l’École d’Assas se tiendra mercredi 23 janvier, à partir de 19h30, à l’amphithéâtre de l’hôpital Georges Pompidou (20 rue Leblanc). Son thème ? L’homme numérique : nouvelles technologies au service de la rééducation fonctionnelle.

Renseignements et inscriptions ici.

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