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En kiné, stages et TP aussi ont repris

stages et TP

Comme en podologie et en ergothérapie, l’Institut de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) a rouvert ses portes début septembre. C’est avec des effectifs au complet et une organisation pédagogique adaptée à la crise sanitaire que les cours ont repris. Après une interruption forcée en raison du confinement, stages et travaux pratiques aussi ont retrouvé leur place dans la scolarité de nos étudiants. Jean-Jacques Debiemme, directeur de l’IFMK, fait un point avec nous sur cette rentrée 2020.

« La grande satisfaction de la rentrée, c’est d’avoir respecté le calendrier prévu. Grâce au nombre important de cours à distance donnés pendant le confinement, nous n’avons pas pris de retard sur le programme et les étudiants de deuxième comme de quatrième années ont pu débuter par les travaux pratiques qu’ils n’avaient pas pu réaliser en mars-avril. Bien entendu, les gestes barrière sont respectés et nous avons instauré un sens de circulation dans l’enceinte du bâtiment afin d’éviter les croisements intempestifs. »

« L’autre satisfaction, c’est la reprise des stages. Un temps d’étude important avec lequel nos étudiants voulaient renouer. Nos étudiants suivent scrupuleusement les précautions sanitaires requises sur leur terrain de stage spécifique et, souvent, effectuent un test de dépistage avant de le rejoindre. »

Jean-Jacques Debiemme souligne aussi le gros travail de planification accompli par les responsables pédagogiques pour éviter que toutes les promotions se retrouvent ensemble en cours. Cela allège les flux, d’autant plus que les cours peuvent toujours être suivis à distance, notamment pour éviter aux étudiants la promiscuité des transports en commun. Enfin, il convient de saluer le BDE qui a pris la mesure des restrictions d’activités qui s’imposent à tous.

stages et TP

10 semaines intenses

10 semaines kiné

Ruben Carrasco est étudiant en cinquième année de sciences de l’activité physique, du sport et de la kinésithérapie à l’Université catholique de Valence. Accueilli à Paris par l’École d’Assas pour son stage de fin d’études, il a dû l’interrompre à mi-parcours pour cause de crise sanitaire. Ses 10 semaines parisiennes resteront cependant comme un temps fort de ses études.

Je suis arrivé à Paris début janvier 2020 pour un séjour Erasmus de cinq mois. C’était un jour de grève générale et la ville était quasiment paralysée mais, heureusement, Nicole Maurice, du département international de l’École d’Assas, était là pour m’accueillir. Prévu pour durer jusqu’à fin mai, j’ai dû rentrer en Espagne le 18 mars en raison de l’épidémie de Covid-19 et n’ai finalement connu que deux terrains de stage au lieu des trois prévus mais cela en valait la peine.

10 semaines kinéMon premier lieu de stage a été l’hôpital des Gardiens de la Paix, où j’ai passé 245 heures. C’était ma première expérience française et je n’ai que des souvenirs positifs de ce centre. J’y ai rencontré des compatriotes qui m’ont aidé à me familiariser avec la culture et la langue françaises, ainsi qu’avec la manière de travailler de l’hôpital. J’ai été confronté à toutes sortes de pathologies, mais surtout aux prothèses de hanche, de genou et d’épaule. Je suivais les patients du jour de leur arrivée au centre, quand nous faisions leur première évaluation, jusqu’à la fin de leur rééducation. Je suivais ainsi tous leurs exercices thérapeutiques, y compris en piscine, puisque l’hôpital disposait d’une piscine thérapeutique.

Au cours de ce stage, j’ai travaillé avec deux praticiennes, l’une jeune diplômée et l’autre fort expérimentée. Avec l’une, j’ai bénéficié de sa riche expérience, acquise au cours de plus de 20 ans de pratique et, avec l’autre, j’ai découvert les nouvelles tendances de la kinésithérapie française.

La suite de mon séjour s’est faite à la Clinique du Pré Saint-Gervais. La jeunesse du personnel y a favorisé mon insertion. Covid-19 oblige, je n’ai pu y effectuer que 115 heures de pratique mais j’ai suivi deux traitements dans des domaines, l’un gériatrique, l’autre neurologique, que je n’avais encore jamais approchés. Cet établissement disposait également d’une piscine thérapeutique, où j’ai pu mettre en pratique tout ce que j’avais appris à l’hôpital des Gardiens de la Paix.

Surtout, j’ai appris à travailler de manière multidisciplinaire dans cette structure comptant une salle de rééducation à chacun de ses étages où exerçaient non seulement des kinés mais aussi des APA, des ergothérapeutes et les médecins et infirmiers respectifs des patients. J’ai apprécié l’organisation du travail qui favorisait la communication entre les soignants et les patients mais aussi entre les soignants eux-mêmes.

En espérant que prenne fin la pandémie et que je puisse revenir un jour travailler à Paris, je voudrais remercier à nouveau Nicole Maurice et l’École d’Assas pour leur soutien.

Ruben Carrasco

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne (Programme Erasmus+). Cette communication n’engage que son auteur et la Commission européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.

Les K4 mobilisés pour leur stage de fin d’études

fin d'études

Le 16 mars, soit au premier jour de la suspension des cours pour cause d’épidémie, les 120 étudiants de quatrième année de masso-kinésithérapie de l’École d’Assas devaient commencer leur stage de fin d’études : 12 semaines indispensables à l’obtention du diplôme. Depuis cette date, et en liaison constante avec l’Agence régionale de santé (ARS), comme avec les tuteurs, les terrains de stage et les étudiants, Sonia Cali, responsable du bureau des stages, et Jean-Jacques Debiemme, le directeur de l’IFMK, font face à l’incertitude et à l’urgence pour relever le défi de permettre à tous les K4 d’être diplômés cet été.

« Bien entendu, insiste Sonia Cali, il n’y a pas que les K4 à se trouver dans une situation délicate : 115 K2 devraient commencer un stage de 6 semaines mi-avril et les K1 de Saint-Quentin-en Yvelines n’ont pas pu partir en stage le 16 mars. Cependant, poursuit-elle, une marge de manœuvre – le temps en l’occurrence – existe pour qu’ils puissent récupérer le cycle normal de leurs études, alors qu’elle n’existe pas pour lese K4 qui sont déjà tournés vers l’après-diplôme. »

fin d'études réforme kinéImpossible en effet de valider un diplôme sans avoir accompli au moins 80% du stage de fin d’études, disent les textes réglementaires. Or, dans la plupart des cas, les K4 ont passé la première quinzaine de leur période de stage à domicile à la demande expresse de Jean-Jacques Debiemme qui a veillé à ce que les recommandations de confinement du gouvernement soient appliquées en attendant les consignes de l’ARS et la mise en place des moyens de protection des étudiants dans les établissements hospitaliers. Rester chez soi, ça ne veut pas dire rester inactif, aussi les étudiants ont-ils été invités à chercher des activités complémentaires et suivre le MOOC (cours en ligne) mis en place sur les bases de la ventilation artificielle et les précautions spécifiques à prendre face au Covid-19.

« Aujourd’hui, explique Jean-Jacques Debiemme, après cette première quinzaine d’isolement, nécessaire aussi pour préserver la santé de nos étudiants, tout est envisagé pour leur permettre d’accomplir leur stage dans les meilleures conditions possibles même si des interrogations demeurent. C’est néanmoins un travail quasiment sur mesure car la situation n’est pas la même en province ou en région parisienne, elle diffère aussi entre ceux qui sont en milieu hospitalier et ceux qui devaient être en libéral, et celle des étudiants en CFA, nombreux en K4, est encore à part. En Ile-de-France, par exemple, les structures hospitalières se sont adaptées et équipées face à l’épidémie et la demande est forte mais les étudiants ne sont pas tous appelés pour autant. »

Du coup, l’IFMK encourage les étudiants à participer à la mobilisation générale contre l’épidémie, comme l’ARS l’a demandé dans une note : « Tous les étudiants sont invités à participer en appui aux équipes. La continuité de leur apprentissage est importante dans leur formation et cette activité auprès du patient est essentielle à la continuité des soins. »

Si, en région parisienne, cela signifie souvent de regagner son terrain de stage, ailleurs cela peut se traduire par l’engagement volontaire de l’étudiant dans une initiative de soutien qui prend les formes les plus variées : maraude sanitaire auprès des personnes isolées, distribution de médicaments à domicile, travail comme aide-soignant en EHPAD ou comme technicien pour la désinfection des hôpitaux. Enfin, pour ceux qui sont eux-mêmes trop isolés pour être directement utile sur le terrain, il est demandé, sous la conduite de leurs tuteurs, de conduire un travail réflexif sur la prise en charge de patients à distance ou la mise en place de programmes d’auto-rééducation, par exemple.

« Tout ceci, conclut Jean-Jacques Debiemme, ne peut se faire sans la bonne volonté des étudiants qui démontrent ainsi à quel point ils se sentent investis d’une mission de santé publique. »

Dossier spécial : Semaine e-santé au CRI

e-santé CRI Paris Assas 2019

Du 4 au 7 mars, 14 étudiants de l’École d’Assas, kiné, podo et ergo, ont participé à une expérimentation pédagogique innovante en partenariat avec le CRI Paris (Centre de recherches interdisciplinaires), portant sur la compréhension et l’appropriation des nouvelles technologies (textiles connectés et capture de mouvement) dans le domaine de la rééducation. Nous allons dans les prochains jours vous présenter les témoignages de quatre étudiants ayant participé à cette semaine consacrée à l’e-santé : Rubén, étudiant Erasmus+ espagnol en dernière année de kinésithérapie ; Laura, étudiante en première année d’ergothérapie ; Jonathan, en deuxième année de podologie ; et, pour conclure, Clotilde, en deuxième année de kinésithérapie mais ayant auparavant décroché un diplôme d’ingénieur. Chacun d’entre eux illustrera, à sa façon, ce qu’il a retiré de cette semaine qui représente bien l’esprit d’innovation – technique comme pédagogique – qui caractérise l’École d’Assas.


Pour introduire ce dossier, nous donnons aujourd’hui la parole à Olivier Bory, interne de médecine générale et coordinateur du HealthLab du CRI, un des organisateurs du projet avec Claire Eliot, spécialiste de e-textile au CRI, et le département international de l’École.

e-santé Assas CRIOlivier, comment est né le projet de cette semaine e-textile ?

OB : En février 2018, Nicole Maurice et Michel Pillu, du département international de l’École d’Assas nous ont contactés pour présenter le CRI lors de la conférence ENPHE 2018. Comme l’un des objectifs que nous poursuivons au sein de notre laboratoire est d’explorer et de favoriser l’interdisciplinarité en santé, nous avons saisi cette opportunité. Nous avons alors invité quelques étudiants kinés à participer à un atelier d’une journée chez nous. Cela nous a permis de présenter le CRI de façon dynamique au moment du congrès de l’ENPHE en donnant la parole à ces étudiants pour qu’ils partagent leur expérience. Enthousiasmés, Nicole et Michel nous ont alors demandé si nous avions une idée pour aller plus loin dans notre expérimentation. C’est alors que nous leur avons soumis l’idée de mener l’expérience sur une semaine complète en l’ouvrant aux étudiants des autres filières (donc kinésithérapie, plus podologie et ergothérapie).

Quel était votre objectif ?

OB : L’objectif de cette semaine, c’était d’offrir aux étudiants la capacité de comprendre et de s’approprier les nouvelles technologies en santé par l’expérimentation. Le principe, c’était de confronter les expertises de terrain des étudiants aux expertises techniques de nos experts ingénieurs et designers pour trouver et développer des prototypes adaptés à des cas précis. Nous avons accueilli 15 étudiants de l’Ecole d’Assas pendant leur semaine de vacances d’hiver dans nos locaux. Nous avons mis en place un mentorat tout au long de la semaine grâce aux équipes des CRI Labs, qui ont l’expertise nécessaire pour ce type d’expérimentation pédagogique ».

Quel était le programme de la semaine ?

OB : Nous l’avons découpé en 5 journées :

    – la première portait sur les connaissances brutes. C’était très dense mais indispensable ; certains retours d’étudiants à la fin de la semaine nous ont permis d’envisager des pistes d’amélioration sur ce point. Il s’agissait de découvrir les caractéristiques des capteurs souples (textiles connectés) et la manipulation des capteurs de mouvement, mais aussi de se familiariser avec les sources de recherche documentaire concernant les nouvelles technologies,
    – les deux journées suivantes, on les a invités à se retrousser les manches et à s’approprier les technologies à leur disposition au cours d’ateliers illustrant l’utilisation de ces technologies (programmation, utilisation du textile connecté et intégration de capteurs). En parallèle, ils avaient des plages de réflexion pour faire évoluer leur projet en fonction de leur apprentissage,
    – le jeudi a été pleinement consacré à la fabrication concrète de leur prototype,
    – la dernière matinée était consacrée au rendu du projet en vue de l’évaluation finale. Nous leur avions demandé trois choses : d’abord de présenter leur prototype en le faisant fonctionner ; ensuite, d’en illustrer, sous forme de powerpoint, la motivation et l’intérêt scientifique ; et, enfin, de réaliser une vidéo montrant leur création sous un angle artistique et/ou ludique.

Pourquoi ce dernier point, aux frontières de la communication et du marketing ?

OB : En fait, dans le cadre de la réflexion préliminaire, nous avions demandé aux étudiants de réaliser une brève étude de marché des solutions existantes montrant leurs atouts et leurs défauts (similaire à une revue de bibliographie pour un mémoire), pour leur permettre de mieux définir et justifier leur projet. Notre objectif premier était pleinement pédagogique et scientifique tout en tenant compte de la réalité économique.

Le rendu sous trois formats a permis aux étudiants de porter un regard différent sur leur projet, de s’exercer à une gymnastique d’esprit leur permettant de ne pas être prisonniers d’une approche univoque mais de considérer aussi bien l’aspect scientifique et technique qu’économique ou pédagogique : la réalisation du prototype leur a fait découvrir la façon de passer d’une idée à une réalisation concrète ; le powerpoint s’apparentait plus à une étude clinique (population cible, solution apportée, méthode employée, test et discussion des résultats) ; enfin, l’idée de la vidéo, qui, au départ, les a surpris voire rebutés, servait exactement à cela.

Au final, ils ont tous relevé le défi, de sorte que, le vendredi après-midi, ils nous ont avoué qu’ils n’imaginaient pas, en arrivant le lundi, vivre une expérience aussi intense, qui les a mis en contact, non seulement avec des techniques et des technologies nouvelles, mais aussi avec des façons de penser et de communiquer nouvelles.

C’est là, certainement, le plus beau succès de cette expérience, en plus des relations qui se sont développées entre les différents étudiants comme entre les étudiants et notre équipe de mentors et d’experts.

e-santé cri Assas 2019

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne (Programme Erasmus+). Cette communication n’engage que son auteur et la Commission européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.

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